Fonctionnement

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Pour les novices ou les expérimentés

Le refuge n’est ni une cabane ni un hôtel, c’est un lieu de rencontres et de nouvelles expériences. Ses maîtres à bord sont les gardiens, en l’occurrence nous. Nous essayons de vous accueillir de la meilleure manière qu’il soit.

Afin que votre séjour chez nous se passe le mieux possible, nous allons vous expliquer le fonctionnement d’un habitat aussi particulier et magique qu’est le refuge.

 

Situation

Comme vous l’avez tout d’abord remarqué et si vous avez jeté un petit coup d’œil sur une carte, le refuge se trouve à 2225 m d’altitude et le chemin pour y accéder dure environ deux heures de marche (eh oui, pas de route carrossable pour y arriver). Alors, préparez-vous à répondre à vos enfants ou à vos amis novices, à la question “c’est quand qu’on arrive ? “ et ils ne vont pas vous la poser qu’une fois. par contre, nous vous assurons que pendant les deux heures de marche vous n’allez pas vous ennuyer et vous allez en prendre plein la vue.

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Electricité, eau, réseau

Bon alors, passons aux choses sérieuses. Vu sa situation, le refuge n’est pas branché au réseau électrique, ni au réseau de canalisations et pour mieux profiter de votre aventure il n’y a pas de réseau téléphonique, ni internet pour que vous soyez 100% déconnecté.

Là, vous vous dites, oulà mais comment tout cela fonctionne alors ! Et bien, le refuge fonctionne en autonomie.

Pour l’électricité, il possède des panneaux solaires qui sont une source d’énergie renouvelable, car bien sûre nous pensons à la planète. Mais bon, lorsque la météo est capricieuse et que le soleil ne veut pas se montrer, alors les batteries ne chargent plus et là c’est la panique à bord.

Mais rassurez-vous, le gardien a plus d’un tour dans sa manche ! Il met en route le groupe électrogène. C’est une espèce de machine magique qui produit de l’électricité mais pour qu’elle la produise il faut l’alimenter en gasoil. Là, ce n’est plus très écolo, mais c’est la manière la plus efficace de produire de l’énergie. Le seul petit bémol est le fait que les bidons de gasoil, il faut les monter en hélicoptère. C’est pourquoi, ne vous fâchez pas lorsque le gardien ne veut pas recharger vos gadgets électroniques. Le mieux, c’est de les charger avant d’arriver au refuge ou alors de vous munir de petites batteries ou d’un petit panneau solaire qui s’accroche au sac. Si si, cela existe, il vous suffit d’ouvrir la Bible de tout montagnard qui se respecte, la grande Bible du "Vieux Campeur" et vous avez un large choix pour tous les budgets.

Passons au fameux thème de l’internet et du téléphone. Quand vous venez au refuge, il faut vous dire que vous allez vivre une nouvelle aventure et surtout vous venez déconnecter du tourbillon citadin. Vous allez voir, vous allez trouver plus de satisfaction et de bonheur à discuter avec votre voisin que de poster une photo sur Instagram et compter des likes. De plus, pour vous détendre c’est mieux de ne pas baigner dans les ondes électromagnétiques.

L’eau, c’est toute une histoire au refuge. Le souci au printemps quand la montagne porte si bien son manteau blanc est le fait que nous n’avons pas le luxe de pouvoir ouvrir le robinet et d’avoir l’eau courante au refuge. Je ne vous dis pas que quand on descend du refuge et on ouvre le robinet, c’est la danse de la joie et la douche chaude alors là, c’est l’extase. Bon, là je m’écarte. Donc, j’en étais où, ah oui, au printemps on a pas d’eau courante au refuge. Du coup, on fait comme on peut, on creuse d’énormes trous pour essayer de trouver une source enfouie sous la neige. Si on a de la chance et on la trouve, alors, on déroule des mètres de tuyau, pour essayer de ramener l’eau le plus près du refuge. Et quand on n’a pas de chance, on récupère l’eau de fonte du toit. Pour l’eau potable, nous montons les bouteilles par hélicoptère. C’est tout de même une fameuse invention cet engin-là.

Plus important, pas d’eau égale pas de toilettes. En fait, au printemps on monte des toilettes sèches que l’on descend à la fin. En été, les eaux usées vont dans une fosse septique que nous alimentons en petite bactéries. Mais attention, à 2225 m d’altitude, les petites bactéries qui la digèrent, peuvent être capricieuses car elles sont comme nous. Elles n’aiment pas l’eau froide et aiment l’oxygène. Alors certaines fois, cela peut devenir un peu compliqué. 

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Héliportage

Cela fait déjà plusieurs fois qu’on parle de l’hélicoptère. Nous avons de la chance de vivre à une époque où les hélicoptères existent et nous facilitent la vie, à nous pauvres gardiens. On est plus obligé de monter des denrées à dos (même si quelquefois on y est contraint) mais nous pouvons nous payer le luxe de faire des bags de marchandises et de les faire monter par le gros bourdon.

Au Châtelleret, on arrive à faire des bags de 700 kg à 800 kg alors, qu’à dos on arrive à monter 35 kg à tout casser. Et en arrivant au refuge on ne sait plus comment on s’appelle. Je vous assure, ce n’est pas facile. Le plus dur, c’est lorsque vous arrivez au verrou, c’est le lieu où, vous découvrez la face sud de la Meije. Et bien, en même temps que vous découvrez cette splendeur, vous apercevez aussi le refuge du Châtelleret. Vous croyez qu’il est tout prêt. Mais non ! Il vous reste encore la moitié du chemin. Alors là, je vous assure que vous vous improvisez ingénieur et vous vous imaginez construire une pulka, au printemps et une espèce de brouette, en été. L’avantage c’est que cela vous occupe l’esprit et vous arrivez tant bien que mal à destination. Donc, il vaut mieux utiliser les nouvelles inventions même si elle coûte de l’argent.

Nous faisons, un gros héliportage au début de chaque période de gardiennage et puis, ponctuellement tous les mois. Entretemps, on fait quelques portages à dos car certains produits ne se conservent pas longtemps.

Réservation

Quand vous savez tout cela et que vous avez choisi et planifié votre sortie, vous voulez passer une nuit dans notre refuge.

Pour ça, il vous suffit de passer un coup de fil ou de nous envoyer un mail ou vous pouvez également réserver en ligne votre nuit. Il y en a des possibilités ! C’est fou le progrès.

Par contre, si vous avez eu un changement ou que le petit nuage sur le pictogramme météo ne vous convient pas, n’oubliez pas d’annuler votre réservation dans des délais raisonnables (pour la réservation en ligne le délai est indiqué).

Qu’est-ce qu’un délai raisonnable ? Téléphoner dans l’après-midi, alors que vous avez réservé pour le soir, ça, ce n’est pas un délai raisonnable. Je vous explique pourquoi : au refuge, les gardiens essayent de vous faire une cuisine maison qui demande un certain temps de cuisson. Les plats tout prêts à réchauffer au micro-ondes cela peut dépanner après une journée de travail surchargée mais ce mode de cuisine ne se fait pas encore dans les refuges. Peut-être que c’est une bonne chose car les journées en montagne, eh beh ça creuse !

Accueil

Maintenant que vous avez réservé et que vous nous avez indiqué vos allergies et vos régimes alimentaires, vous êtes prêt à venir passer une nuit au refuge.

Une fois arrivé chez nous, vous avez des petits sabots à votre disposition pour pouvoir circuler dans le refuge. Ensuite, vous vous présentez à l’accueil comme ça nous, on sait que vous êtes arrivé et que vous n’êtes pas perdu quelque part dans la montagne.

Nous sommes là aussi pour vous renseigner sur les conditions des courses. Ces renseignements sont basés sur les retours des autres alpinistes. 

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Repas du soir, nuit, petit déjeuner

Le repas du soir est servi à 19h. C’est un repas unique que vous partagerez avec d’autres montagnards, alpinistes ou novices. C’est le moment de partager vos expériences de la journée ou vos craintes pour le lendemain. Un moment convivial quoi ! Après le repas, le gardien fait le point sur les conditions météo et les réveils du lendemain.

Après avoir papoter avec votre voisin ou bouquiner un livre, il est temps de dormir. L’extinction des lumières se fait à 21h. Donc, n’oubliez pas de prendre votre lampe frontale pour vous déplacer la nuit. Vous allez dormir dans un dortoir équipé de couettes et d’oreillers.

Après la nuit, place au petit déjeuner. Les petits déjeuner commencent vers 3h-4h pour les alpinistes et continuent jusqu’à 7h pour les randonneurs. L’heure du petit déjeuner est définie selon votre objectif de la journée. Comme vous l’avez déjà sans doute remarqué le refuge n’est pas un hôtel mais un endroit où on vient vivre une nouvelle aventure dans la montagne. Le refuge sert d’endroit, où vous vous reposez pour pouvoir attaquer des nouvelles aventures le lendemain. Mais ce n’est pas un endroit où on vient faire des grasses matinées. La journée du gardien n’est pas finie lorsque vous êtes parti explorer la montagne. Elle ne fait que commencer !

Une fois le refuge vide, nous attaquons le ménage car il n’y a pas une minute à perdre puisqu’ à 9 heures il y a des nouveaux montagnards qui veulent une petite boisson. Le ménage fini, il faut préparer le repas du soir.

Puis, il faut faire la mise en place pour le midi et vers 11h30, nous mangeons avec nos aides pour prendre des forces et pouvoir affronter la journée. Ensuite, commence le service de midi et dure jusqu’à 17h. Entre temps, les nouveaux arrivant qui ont réservé leur nuit se présente à l’accueil. 

Le mot de la fin

Voilà, le fonctionnement du refuge dans ses grandes lignes. Ah oui, et n’oubliez pas, au refuge il n’y a pas de camions poubelles qui passent. Donc, n’oubliez pas de descendre vos poubelles, mais bon à notre époque ou la pensée écologique est un crédo dans notre société cela est bien sûre automatique.

Nous espérons que nous vous avons éclairé sur certaines questions que vous vous posiez. Si vous en avez d’autres alors, venez voir par vous-même et venez vivre votre expérience au refuge. Nous serons ravis de vous accueillir. Pour avoir des news du refuge, vous pouvez nous suivre sur facebook.

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